Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 14:19
- Publié dans : Bron

       

Dés 2012, conformément aux exigences du Grenelle de l’Environnement les cantines scolaires devront comporter un minimum de 20% de produits bio dans les repas destinés aux enfants. 

 

Certaines communes n’ont pas hésité à devancer l’appel. Parmi celles-ci Barjac, au pied des Cévennes, Langouet en Ille et Vilaine, Ytrac dans le Cantal ont opté avec réussite pour le 100% bio dans leurs cantines. A Grigny, dans le Rhône, à 20 kilomètres de Bron, l’objectif 2012 est déjà dépassé avec près de 25% d’aliments bio dans les repas des cantines, à Cesson, en Seine et Marne, c’est 40% qui est atteint dès 2009.

 

On objecte souvent que ces réalisations ne peuvent être le fait que de petites communes. Que dire alors de Brest où 20% des produits servis aux écoliers sont bio, et plus encore, de Saint-Etienne, ville de 200 000 habitants, où depuis cette rentrée scolaire l’alimentation des cantines est composée à 50% de bio avec un objectif de 100% pour 2016? L’étude récente commandité par la Fédération des Maires des Villes Moyennes révèle d’ailleurs que 8% d’entre elles servent déjà plus de 20% de produits bio dans leurs crèches et restaurants scolaires.

 

Quels enseignements tirer de ces expériences? Tout d’abord qu’elles tordent le cou à nombre d’idées reçues et en tout premier lieu à l’objection constamment réaffirmée selon laquelle le prix des repa s bio est trop élevé. Pour la plupart des municipalités qui ont tenté l’aventure, les prix n’ont pas significativement augmenté et ont même pu baisser. 

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. La part des aliments dans le prix de revient total d’un repas n’est en général pas supérieure à 32%. Un surcoût moyen de 30% pour les aliments bio, s’il ne concerne que 20% du total des aliments consommés, n’augmente que de 2% le coût total du repas (dans le cas du 100% bio la hausse reste inférieure à 10%).

Face à ce surcoût modeste existent plusieurs sources d’économies. Tout d’abord, le pouvoir nourrissant des denrées bio se révèle supérieur. C’est vrai pour les pâtes et le pain, pour les légumes et la viande. La cuisine centrale d’une ville passée au bio rapporte ainsi que là où il lui fallait 25 kg de légumes conventionnels pour 100 litres de potage, 18 kg de légumes bio suffisent aujourd’hui, soit une économie de 28%. Une meilleure attention portée aux quantités servies est également source de gains importants : 10% à 30% de la nourriture des restaurants scolaires finit en effet à la poubelle! Enfin, un travail sur la composition des repas, en particulier sur la réduction de la consommation de viande, rendue de fait moins nécessaire, contribue tout autant à la baisse du budget. C’est donc bien d’un projet global qu’il s’agit, à appréhender dans l’ensemble de ses composantes.

A Saint-Etienne, le prix des repas pour les familles n’a pas augmenté ; il est même prévu qu’il baisse de 10% dans les années à venir. Comme le cahier des charges mis en place par cette ville privilégie les filières de proximité, le tissu économique local se trouve renforcé et le bilan carbone amélioré.

 

Les maires l’affirment, ces projets demandent travail et énergie mais sont à la portée de tous. En définitive, disent-ils, c’est de volonté politique dont il s’agit. 

 

C’est peut-être ce qui nous fait aujourd’hui le plus cruellement défaut à Bron. Car où en sommes-nous ? Aucun choix affirmé, pas de ligne directrice affichée, un repas bio de temps en temps ; maigre alibi dont chacun se contentera. Avons-nous un projet pour améliorer l’alimentation dispensée à nos enfants dans les crèches et les écoles? S’il existe, le secret en est bien gardé.

 

J’avais demandé, il y a maintenant plus d’un an, que me soient communiquées la feuille de route, l’ambition à trois/cinq ans de la municipalité pour l’évolution des équipements et de la vie scolaire à Bron. On me les a promises. Je  les attends toujours. J’en déduis donc que le plus vraisemblable est qu’elles n’existent pas. 

 

Pour le bio comme pour le reste il nous faudra ainsi être patients. A l’image de notre maire, Annie Guillemot, qui sait qu’avant 2012 rien ne lui fait obligation de s’atteler à la tâche.

 

Elle aurait peut-être dû, en vérité, assister il y a quelques mois à la projection du film «Nos enfants nous accuseront» (programmée dans le cadre de l’excellent cycle de documentaires initié par le cinéma les Alizés soutenu à juste titre par Bron). Cela l’aurait sans doute incitée à plus d’initiative en ce domaine. Mais elle n’y était pas. C’est dommage. Bron qui revendique le statut de ville qui «fait la différence», a sans doute perdu là une occasion majeure d’être enfin en accord avec son slogan.

 

Par Eric Sommier - Recommander - Ecrire un commentaire
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