Eric Sommier
Lors de la campagne municipale de 2008, nous avions défendu l’idée que Bron avait un rôle particulier à jouer au sein de l’agglomération lyonnaise.
Il est en effet acquis depuis de nombreuses années que l’extension du Grand Lyon et de ses poumons économiques se fera principalement à l’Est de l’agglomération, en raison d’une plus grande facilité d’aménagement et de la présence d’infrastructures de communication clés. Cette certitude, couplée avec la taille qu’a désormais atteinte la métropole, doit conduire l’agglomération à repenser l’organisation de son développement. Aujourd’hui largement centralisée, elle est progressivement appelée à adopter un fonctionnement multipolaire où des communes verront s’étendre le champ de leurs responsabilités et de leurs actions.
Géographiquement à l’articulation de la ville centre et des communes de l’Est lyonnais, Bron a naturellement vocation à jouer un rôle moteur dans l’émergence de ce nouveau pôle de l’Est lyonnais. Il en résulte que la politique de la ville doit dès à présent intégrer cette nouvelle dimension dans son ambition, devenir force de proposition et, par ses choix et décisions, se préparer aux nouvelles responsabilités qu’entraîne cette inéluctable évolution.
On l’aura compris, cette vision s’est opposée à celle défendue et mise en pratique par Annie Guillemot qui cantonne Bron au statut d’arrondissement de Lyon, à vocation résidentielle, se laissant porter par les mesures adoptées au sein des instances de l’agglomération.
L’écart entre ces deux visions n’est évidemment pas neutre et trois points méritent ici d’être soulignés.
Une banlieue résidentielle vit à la remorque de son agglomération, suivant peu ou prou et avec retard ses principales évolutions. Le progrès des conditions de vie y est plus lent ; l’activité économique en est une préoccupation absente ; expérimenter, innover, avancer dans un monde en profonde mutation sociale, économique et écologique, ne font pas partie de ses priorités. C’est bien sûr tout le contraire qu’on attend d’un pôle de développement métropolitain.
Une banlieue résidentielle vise à offrir à des habitants, généralement aisés, un havre soustrait à l’agitation du monde et à son mouvement. A contrario, les banlieues résidentielles populaires n’ont jamais produit que des espaces déshérités, dont la vulnérabilité s’accroît en période de crise, et qui sont exposés aux dérives qui frappent les cités dortoirs de la grande couronne parisienne. Appliquer à Bron un modèle de banlieue résidentielle est donc un contresens social et politique : la mixité de notre ville s’accommoderait mieux de l’agitation créative et productive de richesse économique d’un pôle de développement métropolitain que de l’atonie d’une banlieue résidentielle, en particulier à un moment où le chômage progresse de façon spectaculaire et alarmante sur notre commune.
Enfin, et ceci n’est pas le moindre aspect du débat, la direction d’un pôle de développement métropolitain exige réflexion, créativité et travail, force et constance, tandis que celle d’une banlieue résidentielle, somme toute peu contraignante, laisse à ses édiles le temps de vaquer à de multiples occupations.
Pour autant, c’est jusqu’ici la vision de banlieue résidentielle qui a prévalu dans notre ville.
A point nommé, le SCOT contribuera peut-être à faire évoluer cette situation. Le SCOT est le Schéma de
Cohérence
Territoriale élaboré par l’ensemble des élus de l’agglomération, qui fixe ses priorités et
ses axes stratégiques de développement. Il a donné lieu à un rapport d’étape en juillet 2009.
Sans surprise, ce dernier conclut qu’un développement multipolaire s’impose aujourd’hui à l’agglomération et que l’Est lyonnais jouera un rôle clé dans l’avenir de la métropole.
Difficile alors de comprendre comment Bron pourrait encore poursuivre sa stratégie de ville d’arrondissement et se désintéresser plus longtemps du rôle qui lui incombe.
En toute toute logique, la conclusion voudrait au contraire que notre édile se mette au travail d’arrache-pied pour élaborer et nous exposer rapidement comment elle compte redéfinir la politique qu’elle a jusqu’ici poursuivie.
Mais étonnamment, plus de trois mois après la publication des réflexions du SCOT, Annie Guillemot reste étrangement silencieuse.
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